Tous les jours, j’échange avec des salariés et des entrepreneurs épuisés parce qu’ils ne savent pas dire « non »…
Résultats ? Ils croulent sous une liste interminable de tâches dont la plupart ne leur est pas destinée.
Au bout d’un moment, c’est inévitable : la coupe est pleine et c’est la craquage. Leur temps n’est pas à rallonge et les plannings ne sont pas extensibles. Stress, fatigue, irritabilité.
Voie express vers le burnout.
Combien de femmes et d’hommes se trouvent aujourd’hui dans cette situation ? Beaucoup trop.
Et pas uniquement dans la sphère professionnelle, dans la sphère personnelle aussi. Ne pas savoir dire « non » à son conjoint ou à sa conjointe peut avoir des conséquences similaires. C’est la même chose avec les enfants.
Pour être honnête avec vous, je n’ai pas vraiment eu de difficultés à dire « non » dans ma vie.
Par contre, pour certaines personnes que j’accompagne, c’est un véritable challenge.
Agathe, par exemple, qui croule littéralement sous les dossiers, a l’impression de dire « non » à ses supérieurs. Mais elle n’est pas entendue. Et c’est la même chose à la maison, dans le quotidien, avec son mari et ses enfants …
Carole, elle, me dit savoir dire, « non ». Et s’est le cas. Par contre elle le fait quand même ! vous imaginez bien que ses collègues ont compris le truc!
J’en ai plein d’autres des histoires comme celles-ci …
Il y a une chose dont je suis sûre, et j’en ai la confirmation tous les jours : il est essentiel de savoir dire « non ».
J’adore cette phrase de Jacques Salomé :
« Oser dire non à l’autre, c’est oser dire oui à soi-même. »
Dire « non », c’est poser ce que l’on appelle une limite aidante. Alors pourquoi ne pose-t-on pas toujours nos limites aidantes ?
Pourquoi est-ce si difficile de dire « non » ?
Cela semble pourtant simple : regardez un enfant de deux ans, ils n’ont pas du mal à dire « non », ils sont même experts en la matière 🙂.
Et pourtant, c’est le énième projet que vous acceptez alors que vous n’avez pas le temps … une fois de plus vous avez aidé un(e) collègue dans la panade alors que vous êtes dans la panade vous même… une nouvelle fois vous n’avez pas su refuser à votre boss la tâche de rédiger le compte-rendu de la dernière réunion alors que ce n’est pas votre tour de le faire…
On se promet que c’est la dernière fois … et puis on recommence.
Mais pourquoi donc est-ce si difficile de dire « non » ?
Et bien il y a plusieurs pistes de réponses à cela :
Tout d’abord pour :
▪️ Etre perçu comme sympa et ouvert
▪️ Ne pas avoir a faire face à de la résistance
▪️ Ne pas avoir à faire l’effort d’expliquer sa position
▪️ Ne pas égratigner sa confiance en soi
Quoi qu’il en soit, il y a toujours des peurs derrière ces comportements.
Ces peurs sont directement liées à nos émotions.
Au fond, en disant « non » on a tout simplement peur de déplaire, de vexer. Peur de ne pas être reconnu à sa juste valeur, voire peur de ne pas être aimé.
Comme si le seul fait de refuser pouvait remettre en cause toute une relation, la confiance ou une réputation !
Alors nous disons « oui » car cela semble aller dans le sens de ce qui est attendu de nous.
Or le « oui » que nous donnons quand nous n’osons pas dire « non » n’est pas un vrai « oui ».
Et puis soyons francs : parfois c’est plus facile de dire « oui » que de dire « non ».
Car nous pensons qu’en répondant par la négative nous allons devoir nous justifier. Alors on se demande si la justification que l’on va donner est assez grande pour se faire pardonner d’avoir refusé la demande.
Alors devant ce court moment inconfortable, beaucoup sont prêts à sacrifier des heures précieuses et de l’énergie pour finalement regretter de ne pas avoir su décliner un engagement ou une invitation.
Autre raison qui fait que nous ne disons pas « non » alors que nous devrions le faire : Nous surestimons notre temps.
Parfois, vous avez réellement envie de dire oui devant les propositions qui vous sont faites, n’est-ce pas ?
Mais la vérité est que nous ne pouvons pas tout faire. Choisir c’est renoncer et il est fondamental de faire ce choix.
Résultat similaire : craquage assuré. Ces fameuses fois ou vous vous retrouvez à « péter les plombs » et à dire « non » à tout, parfois avec agressivité… voie express vers le burnout.
Alors comment faire ? Voici trois astuces pour dire « non » avec grâce, panache, bienveillance et fermeté
#1 : Accordez-vous un moment de réflexion.
Vous vous êtes sans doute déjà retrouvé(e) dans une situation ou vous vous sentez obligé(e) de donner une réponse immédiate. Vous vous retrouvez à dire oui alors qu’à l’intérieur plein de signaux vous alertent de dire « non ».
Dans ce cas, n’hésitez pas à dire à votre interlocuteur que vous répondrez plus tard, de manière factuelle (pas « ASAP » ou du « dès que possible »), après avoir réfléchi, évalué votre temps, parlé à vos collaborateurs, etc.
Vous y verrez beaucoup plus clair avec cette prise de recul et il vous sera beaucoup plus facile de donner une réponse « écologique » pour vous, à savoir qui vous ne mets pas dans une situation délicate.
#2 : Reprenez les commandes de votre temps.
Avez-vous remarqué, au travail comme ailleurs que lorsque vous n’avez rien de prévu ou qu’il y a un trou dans votre agenda, d’autres ont plein d’idées pour occuper votre temps ?
Il est important, voire fondamental de prendre le temps d’organiser sa charge de travail, son planning, ses journées et ses semaines. Au travail comme ailleurs.
Car si vous ne le faites pas (et ne le faites pas savoir), quelqu’un d’autre le fera pour vous … et cela risque de ne pas vous plaire.
L’idée est de reprendre les commandes de son temps et de s’aménager des plages de temps et d’énergie pour les imprévus et ainsi pouvoir répondre favorablement aux aléas de votre mission, pour être ensuite en capacité de répondre à ceux des autres.
#3 : Mettez par écrit vos principaux projets et utilisez le JE.
Si vous souffrez du syndrome de YES MAN ou du YES WOMAN alors restez avec moi.
Refuser une demande, une tâche supplémentaire ou autre chose, cela se fait. Mais pas n’importe comment !
En fonction du type de demande vous pouvez par exemple préparer et écrire un texte dans lequel vous reprenez vos projets en cours et vous expliquez pourquoi vous ne pouvez pas honorer la demande. Soyez factuel, mettez à jour régulièrement et adaptez votre texte à chaque interlocuteur.
Cette méthode facilite votre capacité à dire « non » car vous savez pourquoi vous le faites et vous avez déjà une justification (c’est en général ce qui pèse).
D’autre part, cette méthode permet également de faire un retour respectueux à la personne qui a fait la demande, en lui faisant comprendre que ce refus n’a rien de personnel. Pour cela, il est important d’utiliser le JE le plus souvent possible.
Pour conclure :
Soyons clairs : je ne suis pas en train de dire qu’il faut dire « non » à tout bout de champs alors même que ce n’est pas justifié (j’en ai connu des comme ça et c’est très pénible).
Je dis que pour accepter des tâches, des engagements supplémentaires il faut être confortable avec le temps et l’énergie dont on dispose pour pouvoir le faire dans de bonnes conditions, en sérénité.
Rappelez-vous : le « oui » que nous donnons car nous n’osons pas dire « non » n’est pas un vrai oui.
Car au final, une personne qui sait dire « non » avec tact et fermeté est davantage respectée que celle qui acquiesce toujours aux propos des autres.
Voilà, j’espère que cet article vous aura été utile.
N’hésitez pas à réagir.
Avec toute ma bienveillance,
Hélène